49€ Année, III Série, t. BEL

NUMÉRO E.

3 février 1881.

JOURNAL

CONNAI

SANCES MÉDICALES

PRATIQUES ET DE PHARMACOLOGIE

PARAISSANT TOUS LES JEUDIS

PRIX DE L'ABONNEMENT.

Le X

+ Paris et départements, 10 fr. Union générale des postes, 12 fr. 50, États- Unis, 14 fr. Autres pays, 15 francs.

L'abonnement part du 1** de chaque mois. Le : 20 cent.— Par la poste : 25 cent.

FONDÉ PAR LE D' CAFFE

Publié par V. CORNII

Professeur-agrégé de la Faculté de médecine, Médecin l’hôpital Saint-Antoine, rédacteur en chéf.

Secrétaire de la Rédaction : le D' V. GALIPPE

Ancien chef du laboratoire des Hautes études à l'École de pharmacie de Paris,

DE SEE AN SERA ANA RAR ARTE ER er EE ABONNEMENTS. À

Pour ce qui concerne les abonnements et l'administration du Journal, s’adres- ser au docteur Galippe, 48, rue Sainte- Anne. Lundi, mercredi, vendredi, de & à 5 heures; mardi, jeudi, samedi, midi à 1 heure.

PL LLP II PS LPS ISLE LPS PSE EE PL LES EL EPS LP ES

Membre de la Société de Biologie,

SOMMAIRE DU NUMÉRO :

[a Séance de l'Académie. Assistance publique (suite). Pathologie expérimentale : Étude de pathologie expérimentale sur la genèse et la nature du typhus abdominal, par le Dr Guino TiZZONI. Hygiène publique : Législation des États-Unis contre les falsi- fications, par le Dr HoGG, Sociétés savantes : Académie. de médecine, séance du 1er février 1881. Thérapeutique : De l’alimenta- tion des nourrices par les peptones, par H. HARANGER. Traitement de l'asthme. Variétés : Le secret médical. Bibliographie :: Traité d'anatomie pathologique. Mémoire sur la fièvre pernicieuse en Haïti. Étude sur une affection non encore décrite des. mains, considérée comme un eczéma dégénéré. Étude sur les déformations apparentes des membres inférieurs dans la coxalgie. Nouvelles.

Index.

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! contenue dans a fois son poids de goudron de Norwège.

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Bi Cette essence n’est pas irritante comme la créosote.de hêtre ; | elle est bien tolérée par l’éstomac; elle ne cause jamais de

répugnance.

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À huile; mais la forme capsulaire a été préférée pour la régu- À larité des doses et l'agrément du malade :

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1 les maladies de poitrine.

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ë des maladies de la peau.

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corps renferme tous les éléments ile des Eaux minérales sulfureuses.

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Cette réaction est caractéristique,

I est maltérable, constant.dans ses effets, économique.

3 IL'est prescrit depuis 1860 et ARE par. plu= sieurs médecins qui lui, ont reconnu une HUE pra time incontestable. |

L , er rte nt

Lente au Numéro cbez tous les Libraires, Dipôt à la librairie Frédéric Henry, 13, rue de l'École-de:Médecine

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, qui reçoit les abonnements.

JOURNAL DES CONNAISSANCES MÉDICALES.

a La LL Le LL LL |

CSG Ep _ COALTAR sapouné LE BEUF

1 , pi L trisant les-plaies, admis dans les hôpitaux de Paris et les Lôpitaux de la marine militaire française.

à ai wo ft mi à « L'émulsion dutéotüdron Le Beufpetit F Ç F { n ||. F étré) substituée, dlns tous les cas,aiË è | | Û . lléatt de Goudroti du Codex, » {Mouv

Diction. de Médh: ctidé Chivr. pratiques) tome XVÉ, pagé 528.) :

4 _& | Ge « Les émulsions Le Beuf, de goudron, de TOLU # T0 LU LE B Ë U F possèdent l'avantage d'offrir sans altération, ef H sous une forme aisément. absorbable, tous Les fi principes de ces médicaments complexes; et représenter conséquemment toutes leurs EM] qualités thérapeutiques. » {Com. éhérap, du Codex, par À. Goster, 2e éd., p.167 et 314.) Dépôt: 25, rue Réaumur, et dans toutes les Pharmacies. C LE BL pGE sTeTeeTeLe Te Tu [ale ele fale ol fol fe

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ET

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FE DJ

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de CHAPOTEAUT, pharmacien de première classe de la Faculté de Paris.

Ces peptones, très pures, préparées avec un soin extrême, contiennent que la viande de bœuf digérée et rendue assimilable par la Pep- sine gastrique. Avant de sortir de nos labo= ratoires, elles sont amenées à leur extrême état de concentration, puis enfin titrées à 35 p. 100. E les possèdent un pouvoir alimentaire énorme et exercent sur l’économie une action. nutritive intense.

Il ne faut pas les confondre ävec d'autres

péptones, plus ou moins répandues dans le commerce, obtenues avec les pancréas de porc, ossédant une odeur naüséabonde, une saveur ésagréable, susceptibles de fermenter ou de se putréfier, contenant beaucoup de matières étrangères et peu de viande peptonisée, 8 à 15 100. ; Les deux préparations suivantes ont été éta- blies dans le butde faciliter l'emploi des peptones pepsiques, et de répondre à toutes les indica- tions thérapeutiques. Ce sont :

CONSERVE DE PEPTONE de Chapoteaut,.

Ce produit est neutre; aromatique, se con sérve bien, se prend en gelée à la température de 15°, et se liquéfie à 350. Il contient par cuil-. lérée à café la peptone pepsiquede 20 grammes de viande de bœuf, Il s’administre pur ou dans

du bouillon, des confitures, des sirops, et sous

farme de lavements alimentaires.

VIN DE PEPTONE DE CHAPOTBAUT.

Ce vin contient, par verre à Bordeaux, la eptone pepsique de 10 grammes de viande de Pass Il est d'un goût très agréable, et consti- tue un excellent aliment que les malades ac- ceptent avec plaisir. On le prend au commen- cement des repas, à la dose de un ou deux verres. CAT Indications principales. Anémie, dyspep- sie, cachexie, débilité, atonie|de l'estomac et des äntestins, convalescence, alimentation des nourrices, dés enfants, des vieillards, des dia- bétiques et des phthisiques. ; F Gros : CHAPOTEAUT, pharmacien, 8, rue Vi- vienne: Détail: pharmacie Vial, 1, rue Bour- daloue; pharmacie Pommiès, 118, rue du Fau-

bourg-Saint-Honoré, et dans les principales |

pharmacies de France et le l'étranger.

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À dmise dans les hôpitaux de Paris.

La Pancréatine possède un pouvoir di- gestif d’une très grande puissance. Un gramme de cette substance digère simul- tanément : 24 grammes d’axonge, 30 or. d’albumine ou de viande, 450 grammes de fibrine et8 grammes d'amidon, soit 212 fois son poids.

Les préparations expérimentées dans les hôpitaux sont :

Les pilulespancréatiques de Defresne: elles contiennent chacune20 centigrammes de pancréatine et se donnent à la dose de 2 à 4 pilules, avant chaque repas.

2e La Pancréatine Defresne : elle se prend en poudre, à la dose de 25: centi- grammes à 4 gramme, avant chaque repas. Chaque flacon est muni d'une petite cuil- ler contenant 25 centigrammes.

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5 Médés d'Or, 3 Gis Dipis d'Honneur PRÉCIEUX pour MALADES « MÉNAGE

Se vend chez les Épiciers et. Pharmaciens.

No 5. 3 février 1881.

JOURNAL DES CONNAISSAN CES MÉDICALES.

l

33

La séance de l’Académie,

Comme nous l’avions annoncé, sans grand mérite du reste, MM. Colinet Pasteur ont recommencé leurs éternelles discus- sions.

Disons tout de suite à la louange de M. Pasteur, qu’aujour- d'hui il a su maîtriser ces élans passionnés et parfois injustes, dont il rehausse si souvent ses discussions scientifiques. Aussi a-t-il eu le beau rôle. M. Colin, moins chevaleresque, mais non sans dialectique, a tenu tête à M. Pasteur, se taisant à propos et revenant à la charge sans désemparer. Force nous est d’avouer que M. Colin a produit une mauvaise impression sur l’Académie et sur l’assistance, en refusant l’épreuve publique que lui pro- posait M. Pasteur. De propos délibéré, M. Colin s’est placé dans une situation fausse, et donne presque le droit de dire de lui qu'il se refuse à faire la lumière sur ses propres assertions. Une con- viction sincère ne recule devant aucune épreuve, et nous crai- gnons que M, Colin, en se dérobant ainsi à l'invitation courtoise de M. Pasteur, n’ait eu devant les yeux la cuisante mésaven- ture qui lui est arrivée lors de la discussion sur le charbon des poules. Signer sa défaite de sa propre main, fournir une arme aussi terrible à un adversaire qui ne néglige jamais de s’en servir est, en effet, une amère déception. M. Colin n’a pas voulu s’y exposer une seconde fois, nous le comprenons, mais pourquoi lui, si passionné dans l'attaque, se montre-t-il si réservé dans ses moyens de défense?

L'Académie a procédé à l'élection d’un membre correspondant national, dans la section des sciences dites accessoires. Notre excellent ami Daremberg, présenté en seconde ligne, le plus jeune, mais non le moins distingué des candidats, a obtenu la victoire, grâce aux nombreuses sympathies éveillées dans l'Aca- démie par le nom qu’il porte et par ses propres mérites. Nous espérons que M. Lepage (de Gisors) n’attendra pas longtemps la récompense de ses nombreux travaux et d’une vie toutentière consacrée aux progrès de la profession qu’il a embrassée. M. Boudier, dont les recherches sur les champignons sont si ap- préciées, recevra à son tour, nous le souhaitons, la distinction qu’il ambitionne. .:

DS

ASSISTANCE PUBLIQUE (Suite.)

M. Bourneville, dans le rapport dont nous avons commencé l'analyse dans notre numéro du 18 janvier, soulève la question du recrutement des médecins du bureau de bienfaisance. Sui- vant luiles médecins du bureau de. bienfaisance devraient être nommés au concours. Leur nomination. serait pour beaucoup d’entre eux le premier échelon qui les mènerait par le concours du Bureau central au grade de médecin des hôpitaux. Pour le concours du Bureau central, les médecins du bureau de bienfai- sance jouiraient de conditions meilleures que les autres concur- rents et seraient astreints à un moins grand nombre d'épreuves. Il y aurait en effet tout avantage, pour l’administration de l’As- sistance publique, à n’avoir plus deux catégories de médecins, recrutés d’une façon très différente, n'ayant aucun lien entre eux, mais au contraire à posséder, dans les bureaux de bienfaisance comme dans les hôpitaux, des médecins nommés au concours et ayant déjè passé par l’externat et par l’internat. Ce serait assuré- ment une excellente réforme. Les médecins du bureau de bien- faisance jouissent d’une popularité, d’une influence méritées par les services qu’ils rendent à la population parisienne; les élec- tions au conseil municipal en sont la preuve. Le concours-don- nerait à leur corporation des jeunes gens instruits et jouissant déjà d’une notoriété scientifique. Le nombre des anciens internes

49° ANNEE, SÉRIE, TOME II,

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qui se fixent à Paris est chaque année plus considérable, et cha- cun sait combien les commencements sont pénibles pour qui se fixe à Paris. Le concours des bureaux de bienfaisance serait le premier échelon qui mènerait au succès dans le concours du Bureau central. gi

L'administration del’Assistance poursuit,suivantles désirs du conseil municipal, la laïcisation des hôpitaux. Des surveillantes laïques ont remplacé les sœurs à l'hôpital Laënnee, à l'hôpital de la Pitié et à l’hospice Lenoir-Jousseran. Le traité passé avec la communauté des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul pour le service des Ménages et de la Rochefoucauld a été dénoncé par lettre du préfet de la Seine en date du 24 novembre dernier et ces deux maisons de retraite cesseront bientôt d’être desservies par les sœurs.

L'enquête faite’ par les soins de l’administration auprès des médecins des hôpitaux dans lesquels les surveillantes ont rem- placé les sœurs, a montré presque unanimement que le service était mieux fait par les surveillantes laïques que par les congré- gations religieuses.

Il est facile de se rendre compte de ce résultat. Les congréga- tionsreligieuses hospitalières relèventsurtout et avanttoutd’elles- mêmes. L'autorité des médecins chefs du service médical et des directeurs des hôpitaux, est moindre vis-à-vis d'elles qu’en face des surveillantes laïques. Une congrégation religieuse établie dans un hôpital tendra toujours fatalement à le considérer comme sa propriété. Le temps n’est pas loin la supérieure de la com- munauté était en réalité la directrice de certains hôpitaux.

Nous nous rappelons avoir entendu conter à un maitre vénéré, Michon, que pendant son internat à Cochin il devait être rentré à l'hôpital avant neuf heures du soir. Passée cette limite, la clef de l'hôpital était sous le chevet de la supérieure.

Le dévouement aux malades, le zèle des infirmières dans les soins qu’elles leur donnent sont indépendants de la robe qu'elles portent. La plupart des femmes ont en elles l’étoffe d’une sœur de charité; la vocation religieuse n’est pas la seule à développer les sentiments de bonté, de charité, de sacrifice, d'amour de l'humanité; la vie commune,la vie de famille y est pour le moins aussi puissante. Ajoutons qu’il est également esser tiel que l'administration possède des infirmières et des sur- veillantes ayant reçu une instruction technique spéciale. Les surveillantes laïques recevront, nous n’en doutons pas, une ins- truction plus solide que celle des sœurs dans les écoles d’infir- mières créées déjà à la Salpêtrière et à Bicêtre, et dans celle qui est sur le point d’être créée à l'hôpital de la Pitié.

Dans ces écoles, on donne aux futures sous-surveillantes et surveillantes des hôpitaux des notions d'anatomie, de physio- logie, de petite chirurgie, etc., suffisantes pour qu’elles soient à cent coudées au-dessus des bonnes sœurs. C.

PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE

Etude de pathologie expérimentale sur la genèse et la nature du typhus abdominal; par le D' Gurno Trzzon1, professeur d’ana- tomie pathologique à Catane. Mémoire inséré dans « Annali universali di medecina et chirurgia, fév. 1880 »; analysé par Grerer (de Savigny), interne des hôpitaux.

(Suite).

Pour obtenir les germes contenus dans l'air, M. Tizzoni fait passer ce dernier dans un appareil à boules de Liebig, plein d’eau distillée et communiquant avec un aspirateur d'eau.

Dans l’espace de cinq jours, M. Tizzoni fit passer 480 litres d’air dans l’eau distillée des boules de son appareil, et c'est avec

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| ; LE 34 | JOURNAL DES CONNAISSANCES MÉDICALES, |

Cette eau que furent pratiquées à l’aide de la seringue de Prayaz les injections sur quatre chiens.

Les organes et tissus des animaux ont été examinés après dure eissement par la liqueur de Muller et l'alcool. Les coupes ont été traitées les unes par l’acide acétique, (5 gouttes dans un verre de montre plein d’eau distillée), les autres par la potasse à + ou & 0/0: elles ont été colorées par le carmin ou par l’hematoxiline et examinées dans: l’acétate de potasse.

Os. À. Infection typhique grave obtenue au moyen d'injections de matières organiques insolubles, extraites par simple filtration de l'eau potable. Au point de vue clinique : phénomènes typhiques ; au point de vue anatomique: engorgement de la rate, des ganglions mésa- vaïques, ulcérations pathognomoniques, ete. L'examen microscopique de différents organes à l’état frais, (rate, moelle des os, intestin),: fait découvrir de nombreux microecos, disposés comme, il a été, dit plus haut.

Les fibres musculaires lisses de l'intestin présentaient, au voisinagedes, ulcérations intestinales, des lésions très accentuées et d'autant plus, qu'on examinait les fibres plus près de l’ulcération typhique.

On distinguait deux sortes d’altérations des fibres, la première consis- tant en une dégénérescence primitive des diverses parties des fibres, provoquée par les pressions exercées sur elles par les parasites en tra- versant la tunique: musculaire, Cette altération allait presque jusqu’à leur entière destruction, Une seconde altération enfin, s’observe: dans le

voisinage de l'ulcère: elle est représentée par une prolifération des

noyaux des fibres-cellules et par la formation d’une zone de réaction

autour de la zone centrale nécrobiotique, Cette zone de réaction est destinée, selon toute probabilité, à la réparation qui succède, à la pé- riode d'élimination.

Jetant un regard en arrière etexaminant rétrospectivement: les phénomènes cliniques de température indiqués sur un, tracé: spé-: cial, M. Tizzoni s'exprime ainsi:

« Quant à l’absence d’une période de stade.et à) la durée moin- dre de la maladie, je crois qu'elles, doivent être attribuées à la grande résistance du chien, aux. infections putrides en, général et. à l'infection typhique en particulier. On doit également) invo-. quer la. facilité et la rapidité de La réparation chez cet animal une fois.que les lésions intestinales spécifiques ont été produites.

«Une, autre cause très efficace concourt à rendre: la: courbe: thermométrique différente dans. le typhus expérimental de celle que l’on obtient chez l'homme: dans, le typhus expérimental, l'infection est plus aiguë que celle du, typhus contracté dans les: conditions naturelles. Ceci, explique comment les rémissions: matinales peuvent manquer dans les premiers temps. La tempé- rature monte jusqu’à ce: que: l'infection soit entièrement pro- duite.

En effet, les rémissions matinales et les ascensionsvespérales de la courbe ascendante de la fièvre typhoïdene représentent au- tre chose qu'une infection:lente: et progressivement croissante; comme si chaque jour de nouvelles substances infectieuses étaient absorbées par l'économie. Cette absorption continuelle relèverait le soir la température abaïssée le matin par la force de l'organisme qui tend à surmonter les infections des jours précédents. Cela esbisik vrai que, lorsqu'on produit une infection: expérimentale plussaiguëen injectant directement dans lesang le virus typhique, comme dans l'observation G, la courbe ascendante du typhus:se modifie entièrement. On observe une courbe directement ascen- dante, sans aucune rémission matinale. »

Selon le professeur Tizzoni, les-microrganismes de la fièvre ty- phoïde doivent être considérés comme des végétaux : ce sont des microphytes, car ils résistent à laction des fortes solutions de potasse caustique et‘ d'acide acétique et à l’action du chloroforme. Cependant les deux premiers réactifs, après un certain temps, rendent plus pâlesles contours des parasites. Letzerich avait déjà remarqué qu'ils étaient peu propres à leur démonstration.

mm om me, coquin 9 cœur emmené somme ee pu ma ar mure D ED +

En résumé, voici quels sont les caractères de ces parasites ty- phogènes : constitués, la plupart, par des petites sphères ou glo- bules réfringents, ils appartiennent bien à la classe des « schis- tomiceti » (micrococcus, mesococeus de Billroth (1). Désignés. encore sous le nom de Kugelbacterien, Spharobactexien par Cohn (2), ils ont une couleur jaunâtre et se comportent. avec l’acétique et la potasse comme nous l'avons. dit plus haut. Ils ne sedissolvent pas dans l’alcool absolu, ni le chloroforme. Doués de mouve- ments très actifs, ils ont la propriété de se réunir en colonies, en chaînes ou en couronnes. Auprès de ces micrococcus on trouve souvent de grosses sphères brillantes et lisses, si on.les observe dans un liquide très réfringent.. Au contraire, observées dans un liquide peu réfringent, elles apparaissent irrégulières, granu- leuses, hérissées d’épines (corpt spinozi) et jaunes verdâtres. Elles

| résistent aux mèmes agents chimiques. Letzerich les considère ! comme des globules de plasma (Plasmakugeln). Pour M. Tizzoni

ce sont tout simplement des zooglies ou des amas de parasites de _ même nature que ceux décrits précédemment. Ces corpuseules

Sphériques ne seraient, d’après lui, que les embryons desquels. procéderaient les parasites parfaits; et dans plusieurs cas il a pu, en quelque sorte, saisir sur le fait le développement des.mi- crorganismes en question, dont Eppinger a décrit le dernier stade à l’état de plante parfaite, dans les ulcérations typhiques du la- rynx. N'ayant exarainé que les lésions anatomiques correspon- dant à la première période de la maladie, M. Tizzoni a vu le début de la formation des filaments, mais il n’a pu observer les longs filaments à cellules végétales très. allongées, d’Eppinger (Micelium).

OBs. B. Infection légère obtenue par des injections sous- cutanées de matières organiques insolubles extraites par simple filtration de l’eau potable.

Os. C.— Typhus abdominal Asa obtenu au moyen de la Ro du sang d'un animal précédemment infecté par des injections de matières organiques insolubles, extraites de l’eau potable,

Os. E. —Injections de matières organiques insolubles, recueil- lies dans l’air et conservées quelque temps dans l’eau. Résultat

négatif.

O8s, F.-- Injection de matières organiques solubles venant d'être recueillies dans l'air atmosphérique. Résultat né- gatif.

O8s. G. Injection sous-cutanée de matières organiques so- lubles recueillies dans l’air et maintenues pendant quelque temps dans l’eau. Résultat négatif.

En maintenant pendant quelque temps dans l’eau les matières organiques, recueillies dans l’air, M. Tizzoni recherchait si dans ce milieu les germes ne trouveraient pas les conditions néces- saires pour acquérir la propriété de produire l'infection spé- cifique.

Ogs. H. Injection sous-cutanée de matières organiques in- solubles recueillies par filtration de l’eau potable. a D CU suppuration locale. Résultat négatif.

O8s. T. Injection sous-cutanée de matières organiques inso- lubles recueillies par filtration de l’eau potable.—Résultat négatif:

à la non-spécificité des germes injectés.

Cette expérience à été faite sur deux animaux différents dans

un moment les conditions sanitaires de Catane étaient excel- lentes; aucun cas de maladie infectieuse n’était observé m au voisinage du lieu l'eau était recueillie, au ïoin à la ronde,

Dans l’une de ces observations,les matières organiques avaient

1). Bilbroth. « Die Vegetationsformen. der Coccobacteria, septica,,»: & ptCays

4874. | ; (2). Cohn. « Untersuchungen über Bacterien. Beiträge zur, Bio-

logie der Pflänzen. « IT Heft.

L 2

JOURNAL DES CONNAISSANCES MEDICALES 35

I a

séjourné deux mois dans l’eau distillée d'un flacon fermé à l’é- meri. L'examen microscopique démontra quedes .micrococcus contenus dans le liquide étaient immobiles.

Dans l’autre cas. il en était à peuprès de même.

‘08s.K.—Jnfection putridesimple par injection sous-cutanée de matières organiques à-l’état:-desimple décomposition. Deux plan- ches sont jointes aux pièces'justificatives de «ce :mémoire, L'une montre les différents tracés thermographiques pris pendant les expériences ; l’autre contient les préparations ‘histologiques. La plupart d’entre élles nous représentent les éléments morbigènes mélangés aux éléments .anatomiques des organes.

La figure.8, par.exemple, nous montre des cellules lymphati- ques des glandes:mésaraïques-contenant des micrococcus.Dans la figure 4 c’est une cellule hépatique que nous voyons remplie de microphytes, ete, éte. En somme, des micrococcus partout. Dans quelques points on voit les cellules spécifiques de l'infection ty- phique se disposer en traînées, en filaments de micélium. Ces organismes abondent surtout dans la rate ils forment des thromboses artérielles ou veineuses.

Il n’est pas sans intérêt de faire remarquer,-avec l'auteur,Eà la fin de ce travail, toute l'importance du fait d'avoir reproduit artificiellement l'infection typhôïde chez -un animal etraussi d’a- voir pu, au moyen de la transfusion‘du sang'transmettre de l’a- nimal infecté à l’animäl sain, cètte infection redoutable.

En. ce.qui trouche le.stade d’incubation, M. Tizzoni tient. abso- lument, en accumulant les preuves, à démontrer que :ce :stade varie :suivant l'intensité de l’intoxication. ‘Les pathologistes, ‘comme il le fait justement observer;-sont-ilsdaccord sur la durée dece stade”? Non certes, bien au contraire ;Jugeons<en plutôt. Elle serait de 12.à 16 jours suivant Samuél, de 3 semaines en moyenne selon Lothholz, Gerhard, Haegler, étc., de 7 à 44 jours d’après Liebermeister qui admet une durée de 4 semaines par exception. Dans .la fièvre-typhoïde expérimentale la durée .de l'incubation varie de 5 à 41 jours.et la longueur deicette période prodromique esben raison inverse de la gravité ‘de! la maladie. :On pourrait donc'dire, en quelque:sorte, quelle typhus-provoqué-estau typhus spontané, ce qu'un empoisonnement aigu est'à “un ‘empoisonne- ment chronique. Dans les contaminations violentes, obtenues par la tranfusion du sang, le stade d’incubation manque.

En terminant.cette analyse, nous exposerons d’après l'auteur, les conclusions principales que ; Von peut | tirer «de :ses ‘expé- riences,.

(A'suivre:;)

HYGIÈNE PUBLIQUE | Législation des. Etats-Unis .concernant les falsifications.

Nous résumions, il ya quélques jours, les dispositions princi- pales des lois qui réglemententen Angleterre la vente des denrées alimentaires.

La quéstion’est moins avancée.aux États-Unis; aussione ipou- xons-nous donner que le projet de doi :en cermoment à l'étude.

Geluicque la commission nommée par « The American National Board'of Trade » a adopté, est l'œuvre de l'éminent public ana- lyst'de Londres, M, Wigner, dontinous avons cité les travaux dans notre article précédent.

Comme il est probable que peu de changements seront appor- tés par le gouvernement américain au travail de notre compa- triote, il est, permis de ile considérer comme devant réglementer la matière aux États-Unis dans un temps trèstrapproché.

« Projet de loi classé le premier au concours par la commis-

«Sion réunie à New-York, sous la présidence de M. F. Fraley, «président du National Board of Trade (ministre du commerce «présenté par M. Wigner. F. C,S.

Considérant que des substances pharmaceutiques et alimen- taires falsifiées sont manufacturées ou importées et vendues aux États-Unis ; qu'il importe, dans l'intérêt de la santé publique, de prévenir ces pratiques frauduleuses;

‘Qw’il soit ordonné ainsi qu’il suit:

Il 'sera créé des Conseils de santé composés d’un chimiste, expert, d'un médecin, d’un avocat et d’un notable commerçant, retiré des affaires. Aucun membre du Conseil ne devra être inté- ressé directement ou indirectement dans le commerce des sub- Stances pharmaceutiques ou alimentaires.

Les membres de ces conseils seront nommés par la Chambre des représentants de. chaque état pour une période de trois années.

Ds recevront une indemnité fixée à dollars. Ces Conseils nommeront un ou plusieurs public analysts et un ou plusieurs inspecteurs. Une indemnité de dollars leur sera allouée.’ Le public analyst recevra ‘un ‘traitement fixe de dollars par an-ét une somme de dollars par analyse. S'il doit ester en justice, ses frais de voyage lui seront remboursés.

Il sera nommé pour une période de trois années. L'État devra quand'cela lui paraîtra nécessaire, lui fournir un laboratoire.

Les inspecteurs recevront un salaire annuél de dollars, et une somme de dollars par jour, quand ils se déplaceront pour exercer leurs fonctions. Ils auront le droit de déléguer leurs pou- voirs à un représentant qui touchera un salaire de dollars.

Les inspecteurs auront pour fonction de prélever des échan- tillons «de toute substance-médicinale ou-alimentaire vendue ou exposée en vente, de les ‘transmettre ‘au public anolyst. Pour Pachat de ces prélèvements, l'inspecteur devrasuivre les instruc- tions del’analyst, qui lui-même est soumis au contr ôle de la muni- cipalité. Le nombre d'échantillons analysés par an devra être au moins d’un par mille habitants.

Quand l'inspecteur ‘achètera ‘un produit, il ‘le divisera en deux parts, sur lesquelles il apposera son cachet; ‘le vendeur pourra également y mettre le sien. Une des parts sera remise"'à l'analyst, l'autre restera entre Les mains de l'inspecteur qui la con- servera jusqu'à ce qu’il ait reçu le certificat d'analyse, et, dans | le cas la substance serait reconnue falsifiée, jusqu’à ce que l'affaire vienne devant le tribunal et que le jugement soit pro- noncé.

Toute personne pourra obtenir une analyse d’un produit sup- posé fraudé moyennant le payement d’une somme dé3 dollars, ét'une déclaration signée, indiquant l'endroit la substance a été achètée, son prix êt le nom sous lequel elle a été vendue.

Le certificat de l’andlyst fera foi en justice de façon à ce qu'il ne soit pas obligé à se présenter en personne. Il mentionnera aussi minutieusement que possible le degré de falsification du produit examiné èt s’il doit être considéré comme pouvant ‘être nuisible à’ la santé et à la vie; il accompagnera le certificat de toutes les observations qu'il jugera nécessaires.

À partir de la promulgation de la présente loi, toute personne qui aura vendu ou exposé en vente une substance falsifiée sera passible d’une amende de 50 dollars au plus, de 400 dollars au plus pour la seconde contravention, de 250 dollars pour la troi- sième etles suivantes, ainsi qu'à la publication du jugement dans les journaux choisis par le tribunal. Si la denrée a été reconnue, par l'analyst comme pouvant attaquer la santé, la Cour pourra quintupler la peine.

Les commerçants pourront faire tels mélanges inoffensifs ou acceptés par l'usage à la condition de les porter à la connaissance du public au moyen d’une étiquette, d’une inscription, ou d’une déclaration verbale.

36 | JOURNAL DES CONNAISSANCES MEDICALES.

Toute personne sera dans l'obligation de céder à l'inspecteur une partie de.tout produit vendu ou exposé en vente, suffisante pour en permettre l’analyse, contre paiement de sa valeur. En cas de refus elle sera passible d'une amende de 50 dollars et de 100 en cas de récidive.

Les analysis remettront au Conseilgénéral de santé un rapport trimestriel de leurs travaux; ces rapports seront publiés.

Les analysts nommés par les différents états devront tenir des réunions ils discuteront les procédés analytiques à employer. Ces procédés seront soumis au Conseil général de santé qui sta- tuera; quand ils auront de nouveau été examinés et acceptés par l’assemblée des public analysts, ils seront annexés à la présente loi et toutes [es analyses légales devront par suite avoir été faites au moyen de ces procédés.

Nous avons cherché à donner un traduction aussi littérale que possible du projet de loi américain,laissant de côté certains détails peu intéressants à notre point de vue. Ainsi M. Wigner fait pré- céder son travail par des définitions indispensables en droit chaque terme doit être pris dans une seule et même acception.

En résumé nous voyons les Etats-Unis sur le point d'adopter les mesures en vigueur en Angleterre depuis 1872, en Allemagne depuis 1875.

En France on commence à s’occuper de la question et le moment est prochain elle n’aura rien à envier à ses voisins sous le rapport de la protection due au public contre la falsification.

Déjà un grand progrès a été réalisé par: l'installation d’un laboratoire municipal établi dans la caserne de la Cité. C’est pour ainsi dire le public analyst de Paris. Mais il serait cepen- dant à désirer qu’une organisition plus complète fut créée, s’éten- dant à toute la France. Le public n’aime pas à se porter accusateur. Bien que les Anglais et les Américains aient assez l'habitude, par suite de leur éducation nationale, de faire leurs affaires eux- mêmes, la loi, on le voit, a institué des agents spéciaux destinés à rechercher la fraude.

C’est à cela qu’il faudraitarriver. Des inspecteurs pourront seuls inspirer au commerçant une crainte suffisante pour l’obliger à vérifier la marchandise qu’il vend au public ; il sait que ce der- nier, s’il est mécontent, se contentera de l'envoyer se faire pendre ailleurs, c’est-à-dire nulle part.

Dans les départements tout reste à faire, un inspecteur régional centraliserait le service qui dépendrait du ministère de l’agriculture, en attendant le ministère de la santé publique.

On a remarqué que la vente des produits pharmaceutiques est soumis en Angleterre et aux Etats-Unis au même contrôle que celle des denrées alimentaires. Cette confusion ne devra pas exister en France la profession de pharmacien ne peut être comparée à celle exercée. à l'étranger. Aux Etats-Unis elle est libre, en Angleterre on travaille depuis quelques années seule- ment à la relever en exigeant que le chemist soit pourvu, pour s'établir, d’un diplôme délivré par la Pharmaceutical Society.

Les pharmaciens français sont inspectés, on le sait, par des professeurs de l'Ecole de pharmacie ou des commissions nom- mées par le préfet, Ils ont le droit légitime de vouloir continuer à ne subir, comme par le passé, de contrôle que de la part de leur pairs. Mais sion instituait des public analysis, nous sommes convaincus que ces derniers les trouveraient toujours prêts à leur donner le bénéfice de leur concours et de leur expérience.

Dans un prochaun article, nous traiterons de l’organisation du service d'inspection des denrées alimentaires, tel qu’il pourrait être établi en France. Dr Hocc.

SOCIÉTÉS SAVANTES ACADÉMIE DE MÉDECINE Séance du 1°r février 1881. Présidence de M. LEGOUEST.

Correspondance. Elle comprend : lo des lettres de candidature de MM. Ernest Besnier et Vallin, pour la section d'hygiène et de médecine légale; 20 un travail manuscrit de M. le D' Amat. intitulé : «De l'hydrothorax double et de la vie sans respiration chez le nouveau-né»; 3e un pli cacheté adresse par MM. Tuffier et Gallois, internes des hôpitaux de Paris, renfermant une note sur un cas de pustule maligne parasitaire pseudo-charbonneuse (accepté).

L'Académie procède par la voie du scrutin à l'élection, d’un membre correspondant national dans la division (sciences accessoires), La com- mission propose en lre ligne ex æqguo, MM. Ladreyt (de Dijon), et Lepage (de Gisors); en 2e ligne ex æquo, MM. Daremberg (de Menton), et Schiagdenhauffem (de Nancy); en 3e ligne, M. Boudier (de Mont- morency). |

M. Daremberg ayant obtenu 54 suffrages, est proclamé membre correspondantide la 4: division.

M. Chéreau lit un rapport sur un travail de M. H. Nachtel, tou- chant l’ambulance urbaine de New-York. Les conclusions de ce rapport sont : le vote de remerciements à M. le Dr H. Nachtel ; de renvoyer sou travail et le rapport dont il est l'objet à M. le ministre de l’intérieur (adopté).

M. Colin (d'Alfort), à propos de la dernière communication de M. Pasteur, adresse à son collègue différentes critiques longuement motivées et que l'on peut résumer ainsi : M. Pasteur n’a pas indiqué quelle dose de liquide il a employé dans ses inoculations, en quel point l'injection a été faite et le, poids des animaux employés. Sans ces éléments, il n’est pas possible d'apprécier les faits avancés par M. Pasteur.

M. Pasteur, maintenant toutes les affirmations de la séance précé- dente, demande à l'Académie de vouloir bien nommer un commission qui tranchera la discussion intervenue entre M. Colin et lui. M. Pas- teur s'engage à inoculer à des animaux la nouvelle maladie qu'il à découverte; de son côté, M. Colin donnera la septicémie à desanimaux de son choix et la commission appréciera ou non le bien fondé des allévations de M. Pasteur.

Répondant à son tour au mémoire de M. Colin, tendant à infirmer les résultats obtenus par lui sur la pathogénie du charbon, M. Pasteur oppose aux critiques de M. Colin,les conclusions publiées par une com- mission nommée par la Société centrale vétérinaire, dont MM. Bouley et Leblanc faisaient partie.

Ces expériences sont une confirmation éclatante des faits avancés par M. Pasteur et prouvent que des moutons paissant au-dessus d'un em- placement des animaux charbonneux ont été enterrés peuvent à leur tour contracter le charbon. M. Pasteur a fait des inoculations avec des eaux de lavages provenant d’un peu de terre recueillie par les soins de M. Leblane, et les cobayes inoculés ont succombé au charbon.

Si M. Colin y consent, M. Pasteur propose de faire recueillir de la terre dans la ferme, ces expériences ont eu lieu; cette terre sera transportée soit dans le laboratoire d’Alfort, soit dans celui de l'Ecole normale et là, M. Pasteux se contentant uniquement d'indiquer les procédés sans prendre part aux expériences, M. Colin pourra se con- vaincre de la réalité des faits avancés et soutenus par son contradicteur.

M. Colin n'accepte pas et, reprenantla parole, il poursuit ses critiques à propos des faits publiés par M. Pasteur et en particulier de la note de M. Hubmner, que nous avons résumée, M. Colin ne reconnait pas comme démontré que les 300 moutons aient succombé au charbon, aucune personne compétente n’ayant fait l’autopsie. Quant au fait signalé par la commission de la Société centrale vétérinaire, M. Colin dit que ces résultats sont infirmés par Le fait seul que le charbon sévissait depuis longtemps dans la ferme, qu’il n'est pas prouvé que les mêmes causes n'aient pas produit les mêmes effets, sans que pour cela il soit néces- saire de faire intervenir la propagation du charbon par la terre et par les végétaux.

M. Legouest interrompt la discussion en proposant de joindre cette question à celle qui avait déjà été soumise à la commission nommée pag l’Académie.

M Colin, en dépit des démarches faites de différents côtés, se refuse |

à comparaître devant cette commission. La séance est levée.

L

THÉRAPEUTIQUE

De l'alimentation des nourrices par les peptones, par H. HARANGER, interne de l’hospice des Enfants-Assistés.

_ Les observations suivantes paraissent établir que les peptones trouvent une indication spéciale dans l'alimentation des nour- rices qui n’ont pas assez de lait ou dont le lait n’est pas assez riche, Remercions d’abord M. Chapoteaut pour l'extrême obli- geance avec laquelle il a mis à la disposition de notre chef de service, M. Guéniot, sa conserve et son vin de peptone pepsique. Voici quelques-uns de nos résultats :

OBservarioN I. B... (Emile), le 22 mai. Poids, le 5 juillet, 8,255 grammes, le 19 juillet, 3,605, le 3 août, 4,930. Ainsi les quinze jours qui précèdent le 19 juillet, l'enfant augmente de 350 grammes, soit 22 par jour, et les quinze jours suivants de 785 grammes, soit 52 par jour. Or, jusqu'au 20 juillet, jour la nourrice a commencé à prendre des peptones, toutes les pesées restent au-dessous de la moyenne normale. Donc le bénéfice pour le nourrisson est indiscutable, mais il n’en est pas moins net pour la nourrice qui a gagné des forces, des couleurs, de l'appétit et des digestions faciles, sans compter une plus grande abondance de lait.

Soumise au régime peptonique, sans préjudice, du reste, de l'alimentation habituelle, elle prenait, ainsi que les autres nour- rices, soit dit une fois pour toutes, à ses deux principaux repas, une cuillerée à bouche de conserve de peptone pepsique et un verre à bordeaux de vin de peptone.

Ons. Il.— R... (Frédéric), le 27 mai. Apparence chétive ; pesé chaque semaine du 7 juin au 10 août, il s’est accru pendant celte période de 2 k.,605 avec une moyenne quotidienne de 14, 22, 40, 45, 30, 40, 52, 71, 60 grammes pour les semaines correspon- dantes, chiffres qu’on voit rarement à l'hôpital et même en ville. La moyenne de l’accroissement en poids s'élève ici à 43 grammes par jour pour plus de deux mois. Mais, du 7 juin au 19 juillet, la nourrice a son alimentation ordinaire et la moyenne quoti- dienne est de 31 grammes. Au delà, et pendant vingt-deux jours, elle s’élève et se maintient au chiffre énorme de 60 grammes, Or la nourrice a pris pendant ce temps des peptones en sus de sa nourriture habituelle. Très amaigrie, pâle, fatiguée, elle a pour- tant un appétit dévorant, insatiable même. La nutrition est active, mais l'épargne s’épuise par l’allaitement. Grâce aux peptones, l'appétit se régularise, la sensation de faim s’apaise, l’entrain et la vigueur reviennent, le lait restant du reste extrêmement abondant.

Os. IIL. N... (Edmond), née le {2 juin.— Poids, le 21 juin, 2,508 grammes ; le 19 juillet, 2,910 ; le 12 août, 3,630. Le tableau des pesées, du 21 juin au 10 août, présente des variations notables. Les poids, faiblemènt ascendants d’abord : 11, 13, 18, 45, sont sStationnaires ensuite : 37, juste deux semaines; puis ils tombent à 22 les dix derniers jours. Mais, le 4er jour, l'enfant est pris de toux avec enchifrènement et épistaxis qui se répètent fréquem- ment pendant plus d’une semaine. Tous ces phénomènes ont entravé la nutrition en gênant la succion et la respiration. La nourrice, soumise, à partir du 20 juillet, au régime alimen- taire des peptores, était une forte brune, bien musclée, sans notable embonpoint, n’ayantni maigri ni pâli depuis quatre mois de lactation.

OBS IV "Bi" (Alfred), le 17 juin. Poids à l'entrée, 21 juin, 2,780; le 19 juillet, 3,100; le 9 août, 4,000 grammes. L'accroissement moyen du 25 juin au 19 juillet n’est donc que de

14 grammes par Jour, soit 320 grammes en 23 jours.Au contraire, du 49 juillet au 9 août, il a gagné 900 grammes, soit 45 d'aug- mentation quotidienne pendant une période de vingt jours. En- core, la dernière semaine de juillet, fut-il atteint d’un coryza intense qui le gênait pour teter.

JOURNAL DES CONNAISSANCES MEDICALES. | 37

Quant à la nourrice, son état s’est notablement accru, les crises gastralgiques dont elle se plaignait ont cessé. La, peau et les muqueuses, qui étaient pâles, se sont sensiblement colorées. Les seins paraissent plus tendus. Mieux-être général.

Oës. V.— G... (Edmond), le 22 juillet; du 5 juillet au 6 acût, s’est accru par semaine de 95, 485, 210, 75 et 170 grammes, avec une moyenne quotidienne de 44, 19, 30, 45 et 28 grammes, les chiffres 75 et 15 répondant à une période de cinq jours il a été très malade. Du 26 au 30 juillet en effet, toux fréquente, vomisse- ments, refus du sein. Le 30, ne tousse presque plus; le 6 août, guérison. La nourrice, qui avait bon appétit, très augmenté depuis qu’elle allaite, n’a présenté rien de particulier du côté des fonc- tions digestives ni. de l’état général.

En résumé, le régime des peptones, ajouté au régime ordinaire des nourrices, nous a donné d’excellehts résultats, tant au point de vue